Le zinc s’est imposé sur les toits parisiens pour une raison technique simple : il épouse les pentes fortes et les formes complexes du comble brisé sans multiplier les joints, il est léger, et il se soude. Sur un immeuble haussmannien ou de rapport, le pan raide du comble — le brisis — est presque toujours en zinc, souvent posé à joint debout ou sur tasseaux selon l’époque et le savoir-faire du couvreur d’origine.
Ce matériau a une particularité que peu de propriétaires connaissent : il ne meurt pas par la face visible. Un zinc de couverture s’use de l’intérieur, par condensation sur sa sous-face quand la ventilation du comble est insuffisante. Vu du dessus, la feuille paraît intacte ; sondée par-dessous, elle est piquée et amincie. C’est pour cela qu’on ne juge jamais l’état d’une couverture en zinc depuis la rue, ni même depuis le toit voisin.
Cette usure par l’intérieur explique aussi pourquoi les fuites de zinc apparaissent souvent d’un coup, après des années sans rien. La feuille s’amincit lentement, puis perce. Et comme l’eau chemine ensuite sur le voligeage jusqu’à trouver un joint, la tache au plafond peut être à plusieurs mètres du point de percée.
La dernière particularité du zinc, c’est qu’il se dilate beaucoup. Une couverture posée sans tenir compte de ce mouvement — pattes fixes et coulissantes mal réparties, longueurs trop importantes d’un seul tenant — travaille, force sur ses fixations et finit par ouvrir ses joints. Ce sont des désordres qu’on lit immédiatement en montant, et qui disent tout de la qualité de la pose d’origine.