Le premier bâti, c’est le faubourg : des rues entières de maisons basses bâties entre 1900 et 1930 pour loger les ouvriers des usines voisines. Parcelles étroites, toitures à deux pans en tuile mécanique, souvent mitoyennes des deux côtés, avec une hauteur de comble qui laisse peu de place pour manœuvrer. C’est le bâti le plus répandu du centre-ville et des rues qui montent vers Pantin.
Le second, ce sont les grands ensembles construits à partir des années 1950-1960, quand Aubervilliers a densifié son parc de logement social au rythme de l’industrialisation. Barres et tours à toiture-terrasse ou à faible pente, acrotères en béton, chéneaux et descentes dimensionnés pour de grandes surfaces collectées. La toiture y est une partie commune gérée par un syndic ou un bailleur, ce qui change tout le déroulé d’une intervention.
Le troisième bâti longe le canal Saint-Denis et les anciennes emprises industrielles : usines chimiques, entrepôts et ateliers du XXᵉ siècle, aujourd’hui reconvertis en logements, en bureaux ou en ateliers d’artiste au rythme du renouvellement urbain du secteur. Grandes toitures en bac acier ou en zinc, parfois d’anciens sheds, charpentes métalliques à grande portée : un tout autre métier que le pavillon voisin.
Le point commun aux trois, c’est que nous les connaissons de l’intérieur : l’atelier de l’entreprise est ici, rue du Chemin Vert, pas à trente kilomètres. On sait quelles rues acceptent un échafaudage sans autorisation de voirie longue, quels bailleurs demandent quel formulaire, et quels anciens sites industriels ont gardé leur charpente d’origine. Un devis se fait toujours après une visite, mais l’adresse seule nous dit déjà beaucoup ici.