Les hauteurs de Fontenay se sont construites entre la fin du XIXe siècle et les années 1930, à une époque où le pavillon de meulière était la norme francilienne. Ces maisons ont en commun une signature qui se lit depuis la rue : une pente forte, souvent au-delà de quarante degrés, une couverture en tuile mécanique de première génération ou en ardoise, des lucarnes passantes, et des débords de toit modestes qui protègent mal les têtes de mur.
Cette pente forte est une chance et un piège. Une chance, parce qu’elle évacue l’eau vite et pardonne beaucoup : une toiture raide mal entretenue tient plus longtemps qu’une toiture plate. Un piège, parce qu’elle a dispensé les constructeurs de poser un écran de sous-toiture — à l’époque, on ne le faisait pas. Résultat : sous les tuiles, il n’y a que du vide et des liteaux. La moindre tuile déplacée par un coup de vent envoie l’eau directement sur le plafond du dernier étage, sans seconde barrière.
L’autre trait commun, c’est la tuile mécanique d’origine. Les modèles posés avant-guerre ont un engobe fin qui a fini par disparaître. La terre cuite se met alors à absorber l’eau, l’hiver la gèle, et la tuile se délite par plaques en surface. On reconnaît cet état au son : une tuile saine sonne clair, une tuile poreuse sonne mat. C’est un test qu’un propriétaire peut faire lui-même depuis une échelle, sans monter sur le toit.
Enfin, presque toutes ces maisons ont le même point faible en pied de versant. La gouttière d’origine, en zinc mince, a débordé pendant des années sans que personne s’en inquiète — feuilles des jardins voisins, mousse détachée du versant nord. L’eau a coulé le long de la façade et sur les abouts de chevron, ces extrémités de bois qui dépassent du mur. Quand on ouvre une toiture de meulière à Fontenay, c’est là qu’on trouve le bois pourri, presque à tous les coups.